La morille dans la Drôme : du Royans au Diois, le guide du cueilleur

Chercher des morilles dans la Drôme, c’est mon quotidien depuis 11 ans. Je suis Isérois d’origine, mais la Drôme, je la connaissais bien avant d’y habiter : j’avais déjà mes coins de montagne dans le Royans, côté Vercors. Ce département a un gros atout pour le cueilleur : en jouant sur l’altitude et l’exposition, on peut y trouver des morilles de mars jusqu’en juin. Voici ce que j’y ai appris.

⛰️ Morilles dans la Drôme : le Royans, ma porte d’entrée

Morilles dans la Drôme : morille blonde dans un sous-bois de feuillus, parmi les feuilles mortes et le lierre
Photo : Le Cueilleur de Morilles.

Pour un cueilleur venu du Vercors isérois, le Royans est le prolongement naturel du massif. J’y allais déjà en montagne bien avant de m’installer dans la Drôme. On y retrouve ce que j’aime dans le Vercors : des versants au soleil qui donnent tôt, des forêts de hêtres et de sapins, et plus haut la morille conique. Comme en Isère, je commence par les pentes bien exposées au sud, où les morilles sont souvent en avance sur le reste de la montagne. Mes repères pour la conique, eux, sont détaillés sur ma page des morilles en Isère.

Plus au sud, le Diois prend le relais en altitude, avec ses pinèdes où il faut se méfier de la gyromitre. Une partie de ces massifs est classée en Parc naturel régional du Vercors : renseignez-vous sur les règles avant de partir.

🏚️ Les ruines de montagne

C’est dans la Drôme que j’ai découvert l’un de mes repères préférés : les ruines de vieilles maisons en montagne. Autour des murs effondrés, je trouve souvent des morilles, le plus souvent de la blonde. Quand vous passez près d’une bâtisse abandonnée au printemps, faites-en le tour lentement, en regardant à ras du sol.

🌊 Les morilles dans la Drôme des vallées et des collines

En plaine, la saison des morilles dans la Drôme commence en bas, le long du Rhône, de l’Isère et de la rivière Drôme. Dans ces bois de rivière, les frênes, les peupliers et les saules poussent sur des sols alluviaux légers et frais, qui conviennent bien à la morille commune et à la morille blonde. Pour comprendre ce lien, lisez ma page sur le frêne et les morilles.

Au nord du département, dans la Drôme des collines, les vieux vergers abandonnés, les haies de frênes et les lisières de feuillus valent le détour. Plus au sud, en Drôme provençale, le climat plus sec rend la morille capricieuse : cherchez-la dans les fonds de vallons frais et au bord des cours d’eau.

🌸 Quand chercher les morilles dans la Drôme ? Je suis les fleurs

Je ne me fie pas au calendrier. Je regarde ce qui fleurit autour de moi. Au fil des années, ces fleurs sont devenues mes repères les plus fiables, dans la Drôme comme en Isère :

  • 🌼 Primevères et violettes : elles m’accompagnent quand sort la morille commune, en plaine et dans les vallées.
  • 🤍 Muguet et sceau de Salomon : un peu plus tard, ils annoncent la morille blonde (ou jaune).
  • 🌾 Narcisses : quand les prairies de montagne en sont couvertes, c’est l’heure de la morille conique.

Un exemple de ce qui change : avec le réchauffement, le muguet fleurit maintenant à beaucoup d’endroits bien avant le 1er mai. Si vous attendez la fête du Travail pour aller chercher la blonde, vous risquez d’arriver après la fête ! À titre indicatif seulement, la saison drômoise va de début mars dans les basses vallées du sud à mai ou juin en altitude dans le Vercors et le Diois. Pour le reste, voyez ma page Biotopes & Périodes.

😤 Mon coup de gueule : arrêtez de gratter !

En plaine, certains cueilleurs me tapent sur les nerfs. Ils grattent la terre trop fort et abîment le mycélium qui fait vivre les nids de morilles. Et ce sont souvent les mêmes qui se plaignent qu’il y a de moins en moins de champignons et trop de ramasseurs… Grrr !

Une morille se cueille en la coupant au couteau au ras du sol, sans retourner la litière. Laissez les toutes petites grandir, et laissez le coin tel que vous l’avez trouvé : c’est la meilleure garantie d’y revenir l’an prochain. Mes autres conseils sont sur la page Équipement & Bonnes pratiques.

⚖️ Cueillir des morilles dans la Drôme : la réglementation

Dans la Drôme comme ailleurs, les champignons appartiennent au propriétaire du terrain. La cueillette chez autrui n’est qu’une tolérance.

  • 🌲 Forêts domaniales : la cueillette y est tolérée pour une consommation familiale, soit environ 5 litres par personne et par jour, sauf réglementation locale contraire.
  • 🏡 Terrains privés : l’accord du propriétaire est nécessaire.
  • ⚠️ Au-delà de 10 litres ramassés sans autorisation, la cueillette devient un délit.
  • 🌿 Espaces protégés : la réserve naturelle des Hauts-Plateaux du Vercors et celle des Ramières du Val de Drôme ont leurs propres règles.

Un arrêté local peut ajouter des limites : renseignez-vous en mairie avant de partir. Et rappelez-vous que la morille ne se mange jamais crue : voir le rappel de sécurité.

🧭 Envie de passer de l’autre côté du Vercors ? Poursuivez avec mon guide des morilles en Isère, mon département d’origine.